La passion du voyage

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Benin - Zou
de CLOE RAT-PATRON, le 28-10-2008

La passion du voyage

DOGA en 3V

Vivre, Valoriser, Visiter Doga

La passion du voyage

Année 2008










« Le véritable voyage de découverte ne consiste pas à chercher de nouveaux paysages, mais à avoir de nouveaux yeux. » Marcel Proust
« Certains pensent qu'ils font un voyage, en fait, c'est le voyage qui vous fait ou vous défait. » Nicolas Bouvier
« Certes, un rêve de beignet, c'est un rêve, pas un beignet. Mais un rêve de voyage, c'est déjà un voyage. » Marek Halter















Préface




Nous sommes élèves en BTS tourisme VPT (ventes et productions touristiques) au lycée des métiers de l’hôtellerie et du tourisme. Durant notre première année d’étude, nous nous sommes intéressés aux formes alternatives de tourisme, en particulier le tourisme éthique et solidaire. Le projet que nous vous soumettons permet de passer de la théorie à la pratique. En développant le tourisme à Doga (Bénin), nous espérons initier une dynamique de développement durable. Le désir de concilier notre savoir-faire en matière touristique et un engagement humanitaire, a trouvé un écho favorable auprès de deux professeurs de notre classe.
Gérard MOREL, professeur d’espagnol avait déjà établi des contacts dans le cadre d’une mission du Secours Populaire Français (construction d'un centre de santé). Ces contacts avec les responsables du village et l'association béninoise ALOKPEDO ont été renforcés en février 2007 par le professeur de géographie touristique, Michèle PONCELET, qui a rencontré sur place l'association locale ALOKPEDO et le maire de la commune de Zagnanado, sur laquelle se trouve le village de Doga.
L'association APD ALOKPEDO (association pour le progrès de Doga), constituée de natifs du village, est présidée par des universitaires, eux-mêmes originaires du village de Doga. Elle est impliquée dans le développement culturel, économique et sanitaire du village. Elle sera notre interlocuteur et partenaire privilégié.

Amener des touristes respectueux à découvrir Doga, permettre aux jeunes du village de pouvoir rester et vivre dignement dans leur village est un défi que nous avons à cœur de relever.

Notre groupe est constitué de sept élèves de BTS Ventes et Productions Touristiques de deuxième année : Nathanaël, Marie, Fanny, Amandine, Elodie B, Elodie M, et moi-même Cloé, d’une élève en première année : Elena, d’une élève de BTS Animation et Gestion Touristique Locale deuxième année : Célia et bien sûr nos « encadreurs » Michèle, professeur de Géographie appliquée au tourisme, Brigitte, conseillère en éducation et enfin Gérard, professeur d’espagnol, accompagné de sa femme Janis.


Nous sommes le Dimanche 10 Août 2008 et je m’apprête à partir chez Fanny à Rumilly. Mais avant cela, tu m’emmènes en haut du relais et nous passons un dernier moment tous les deux. C’était magnifique. Un immense diaporama s’offrait à nous. Au loin, nous apercevons le toit de l’Europe. A 21H10 tu me déposes chez Fanny à Rumilly afin de faciliter le transfert à l’aéroport de Genève. Nous nous serrons dans les bras et te voilà repartis. Marie et moi déposons nos affaires, nous nous installons puis plongeons dans un sommeil profond.


Jour 1 : Lundi 11 Aout 2008

Nous sommes le Lundi 11 Aout, le réveil retenti, il est 8H00 du matin. Nous déjeunons un morceau puis nous chargeons la voiture. Direction Aéroport de Genève. Fanny, Marie et moi sommes toutes excitées de vivre cette expérience. Il est 11H07 min, les parents de Fanny nous déposent et nous rejoignons nos collègues de Lesdiguières. Nathou, Amandine, Brigitte et Michèle étaient les premiers. Nous nous racontons nos vacances en attendant les élèves manquants. Je découvre la seule élève en AGTL, Célia Quenault, petite blondinette un peu roots qui m’a semblé fort sympathique. Quelques minutes avant d’enregistrer nos bagages, nous nous comptons et une étudiante manque à l’appel. Brigitte devine spontanément de qui il s’agissait. Helena arrive tranquillement avec un faut semblant de bagage et son matelas à la main. Nous passons en transit et attendons une petite heure avant de décoller. Il est 13H50, l’aventure commence enfin. Le premier vol s’est bien passé, Royal Air Maroc nous offre un déjeuner très correct (ce qui est plutôt rare dans un avion). 2H30 après, nous atterrissons à Casablanca, nous avons 5H05 à nous occuper avant de reprendre l’avion. C’est repartis pour 4H30 de vol, je dors, je me réveille, je mange, je fais des sudoku, je me rendors.
Enfin, nous sommes arrivés à Cotonou! Il est 4H00 du matin, Une grande femme costumée nous attend et crie « Bonjour les Yovos » (les blancs en fon), bienvenue dans mon pays. Cette femme, Adia est notre hôte de Porto Novo pour toute la première semaine. Adia habite la majorité du temps à Valence et enseigne l’éco-gestion dans un Lycée. Pour les vacances, Adia retrouve son pays natal et ses racines Béninoises. Il est 5H09 du matin et nous arrivons enfin chez elle. Nous sommes tous achevés et pensons tous à une chose : dormir. Dans son grand salon, nous installons nos matelas et tombons dans un profond sommeil.


Jour 2 : Mardi 12 Aout 2008

Il est 10H00, l’heure de se lever. Au petit déj’, citronnelle, pain et confitures de mangue, papaye et ananas ! Hum, quel délice. Nous partons ensuite dans Porto Novo pour changer nos euros en FCFA. Peu de temps après, nous nous arrêtons dans un maquis, C’est le bistrot béninois. Quelques tables, chaises, parfois un comptoir, parfois de la musique constituent ce lieu. Souvent un plat unique, présenté dans une grande gamelle sur une table au bord de la route. On te soulève le couvercle, ça te plait tu en prends une assiette sinon tu passes ton chemin... Nous goûtons tous à la fameuse pâte, plat traditionnel et typique du Bénin. Elle est préparée à base de maïs. Ecrasé puis cuit avec de l’eau il forme au final une pâte flasque et fade qu’on mange avec une sauce au poulet, au poisson ou aux légumes. Ni bon ni très goûtu, on a tant que possible essayé de l’éviter…
L’après midi est consacrée à la visite du musée ethnographique de Porto Novo. Dédié essentiellement à la culture Yoruba, le musée ethnographique de Porto-Novo est exceptionnel. Gilbert Rouget fut l'un des instigateurs de ce projet, par son étude approfondie des chants et danses du palais sous le règne de Gbéfa, dans les années 1950. Créé en 1966 par l'ancien Institut de Recherches Appliquées du Dahomey (IRAD) à partir des collections constituées par le Centre Régional de l'Institut Français d'Afrique Noire (IFAN), le musée ethnographique de Porto Novo se trouve dans un bâtiment de style colonial.
On pourra y observer des masques Guèlèdè, des sculptures en bois, des plateaux de Fa, des instruments de musique ou encore des armes blanches et à feu.

Notre chauffeur Saliou, jeune Porto-novien de 27 ans, nous ramène chez Adia pour prendre le dîner. Au menu, poulet épicé accompagné de riz avec sauce cote-de-blette et bananes plantains. Il est 22H30, nous changeons de programme concernant l’hébergement. Nous sommes trop nombreux chez Adia et devons nous séparer pour loger à quelques mètres de sa maison, chez son voisin. Nous arrivons devant une immense maison en brique, sécurisée par deux chiens. L’ambiance était étonnante, même surprenante. Nous n’avons pas rencontré le maître de maison et pourtant, nous nous installons chez lui. Une grande pièce était mise à notre disposition. Un sentiment de gêne s’installa en moi. Personne ne nous a accueillis et notre présence a obligé les domestiques à déguerpir et à dormir, par terre, dans le couloir. Quelle honte. Au milieu de la pièce, nous déposons nos matelas ainsi que nos affaires. Tous, dans notre sac à viande, nous nous allongeons pour dormir enfin.

J 3 : Mercredi 13 Aout

Au lendemain de cette nuit bien agitée par le bêlement des chèvres, nous partons prendre le petit-déjeuner chez notre amie Adia. Cette journée débute bien. Au programme, marché de Porto Novo, la mosquée, le temple Yoruba, le temple des termitières, le Jardin des plantes et le palais royal.
Il y a de nombreux de marchés à Porto-Novo dont beaucoup s'animent tous les jours. Le marché Ahouangbo a lieu tous les jours et on y trouve toutes sortes d’objets mais les tissus y sont très célèbres. Nous sommes interpellés à tous les coins de rue, j’y achetai huit mètres de tissus à seulement 750 FCFA le mètre, soit 1 € le mètre. A chaque fois que nous croisons des petits béninois, ils nous chantent : « Yovo, yovos bonsoir, ça va bien, merci !» Adia nous explique alors que les enfants apprennent bêtement cette phrase à l’école pour apprendre le français.
Après ces belles emplettes, nous partons pour la visite du palais royal. Officiellement ce musée est appelé Musée Honmè. Mais la plupart des gens de Porto-Novo le désignent sous l’appellation de Palais Royal, puisque c’était jadis le palais du Roi Toffa qui a établi les premiers liens entre le Bénin et la France. Ce musée donne une idée de la manière dont la royauté africaine a vécu au cours de la dernière moitié du 19ème siècle et de la première partie du 20ème siècle. Au nombre des objets exposés, nous avons le port royal du Roi Toffa et beaucoup de vieilles photos. Notre guide était malin et drôle, voici quelques de ces paroles : « le roi ne dors pas, il réfléchi ; le roi ne se lave pas, il se rafraîchi ; le roi ne meure jamais, il voyage ». Au Bénin, les autochtones utilise souvent l’expression « évoluons » ce qui signifie « avançons, continuons ». Cette phrase nous faisait rire lorsqu’ils la prononçaient. Après cette visite, nous partons pour le jardin des plantes. Une visite inoubliable à mes yeux. Ce gigantesque parc offre des milliers d’espèces d’arbres et arbustes ; parmi eux, le muscadier, l’arbre à caoutchouc, l’arbre sacré appelé l’Iroko, le poivrier, le manguier, l’arbre à papaye … En résumé, un espace reposant et chargé de richesses.
Saliou décide ensuite de nous conduire à la lagune afin d’observer l’embarquement des pirogues. Malheureusement, nous n’étions pas les bienvenus dans ce village lacustre. Les autochtones nous observaient tels des monstres venus d’une autre planète. A ce moment là, un réel malaise s’installa en moi et mes camarades. Je ne prie aucune photo et bougea le moins possibles pour ne pas me faire repérer.
Nous rentrons chez Adia pour nous « rafraîchir » et « adorer la nourriture », cette fois-ci, de l’igname accompagnée de riz et de petit poids. Mon étonnement était grand concernant la qualité de l’alimentation, quel bonheur. La soirée se déroule calmement, nous sommes tous épuisés et rentrons chez le voisin. Arrivés dans la pièce où nous dormons, les domestiques étaient encore présents et regardaient la télévision, nous nous installons auprès d’eux. Peu après, la fatigue se ressent au sein du groupe et nous nous endormons.


Jour 4 : Jeudi 14 Aout

Ce quatrième jour est en partie consacré à la visite de Ouidah, Hweda en fon, une ville située à une trentaine de Km de Cotonou. Nous empruntons la route des esclaves, et tout au long de ce sentier, nous observons des statues et autres symboles rappelant l’époque de l’esclavage. Ce sentier est la route originale qu’empruntaient les esclaves, du centre-ville jusqu’à la côte, où ils étaient embarqués dans des bateaux qui les emmenaient vers le Nouveau Monde. Au dernier village, nous contemplons un gigantesque monument érigé à la mémoire des Africains ayant quitté leur patrie à partir de cet endroit.
Puis nous repartons en direction de Porto Novo en passant par Cotonou, capitale économique du pays. J’ai été particulièrement marqué par cette ville. Cotonou est la plus grande ville du Bénin et abrite beaucoup de services gouvernementaux et diplomatiques. Le code de la route est inexistant, les autoroutes ne sont pas séparés par des barrières de sécurité, les motards n’ont ni casque ni plaque d’immatriculation et c’est le plus fort qui l’emporte. En chemin, nous tombons en panne sur « l’autoroute », petit moment de stress puisque les véhicules arrivaient à pleine balle derrière nous et un bruit incessant de klaxon nous oppressait. A ce moment précis, je décide de détendre l’atmosphère et commence à chanter tout haut : « Jésus revient, Jésus revient, Jésus revient parmi les tiens, du haut de la croix … » Et tout le monde ce mis à rire et chante avec moi. Quel délire. Une pollution inimaginable nous étouffait. Cotonou est soit disant la ville la plus polluée au monde et je comprends alors pourquoi.
Nous arrivons enfin à Porto pour prendre le dîner. La soirée se déroule bien puisque nous nous installons en bas de chez Adia avec des jeunes porto-noviens. Nous discutons de tout et n’importe quoi, aussi bien sur la France que sur le Bénin. Ichola était mon petit préféré, il ne parlait presque pas mais avait des expressions sur le visage que je n’oublierai jamais. Ichola avait environ cinq ans et c’était le neveu d’Adia. Nous chantons et dansons ensemble… Au Bénin, comme la pluparts des pays d’Afrique, les autochtones ont le rythme dans la peau, même dès le plus jeune âge. Il est 22H40, nous allons tous nous coucher.


J 5 : Vendredi 15 Aout

Nous nous rendons, après le petit déjeuner à Adjarra, jolie petit village dans la forêt de Porto Novo pour flâner dans le marché des instruments de musique. Là encore, beaucoup de sourires et toujours de joyeux "Yovo-yovo" à chaque coin de rue. Il est 12H05 et étonnement, plusieurs enfants me crient : « bonsoir », je compris ensuite que le concept de l’après-midi n’existe pas au Bénin.
Saliou nous emmène ensuite au village lacustre de Ganvié, C’est l’une des excursions les plus populaires qui s’effectue à partir de Cotonou. Ganvié est un village traditionnel de pêcheurs fait de maisons construites en bambou et couvertes de toit de paille, bâties sur pilotis au-dessus de lac. Pour nous y rendre, nous avons emprunté une grosse pirogue. A cause de la popularité de ce village, les habitants ont été beaucoup photographiés et exigent maintenant de l’argent, bizarrement, nous n’étions pas vraiment les biens venus, mais la beauté du paysage nous tout a de même émerveillé.
Malheureusement, aujourd’hui l’inspiration n’est pas au goût du jour … A demain.


Jour 6 : Samedi 16 Aout

Il est 9H12 et Saliou nous accompagne à Songhaï, dans Porto Novo. Situé dans un quartier de Porto-Novo appelé Ouando, le Centre Songhaï est un lieu important à visiter pour avoir une vue rapprochée de la production agricole du Bénin. Une promenade à travers cette grande ferme fait découvrir toutes sortes de cultures, d’animaux élevés et la manière dont les Africains se dévouent à la tâche dans ces deux domaines. Ce centre agro-biologique expérimental utilise une méthodologie basée sur l'exploitation des ressources propres des zones cultivées. Quelle évolution. Songhaï est un centre ultra perfectionné en termes d’agriculture et d’écologie. « Rien ne se perd, tout se crée ». C’est là que cette phrase prend réellement un sens. Cette matinée était entièrement consacrée à la visite de ce centre et cela a été très enrichissant. Jamais je ne me suis senti aussi bien dans mon élément. Après cette visite d’une heure, je me dirige vers la boutique afin d’acheter des produits locaux tels que les p’tits cailloux, l’huile de palme, les noix de cajou, la farine de soja, le miel fumé.
Nous décidons ensuite de déguster des jus de fruits locaux dans un maquis de Songhaï. Un délice pour mes papilles : jus de baobab, jus de soja et jus de mangue, par contre le jus de gingembre m’a laissé un goût immonde dans mon palais.
Nous nous arrêtons dans un maquis pour déjeuner. Je me risque à goûter une nouvelle spécialité locale : le Piron, C’est une pâte préparée avec la farine de manioc (gari) et de nombreux condiments et (bien que les Béninois nous soutiennent le contraire) est parfois bien relevée. Avec une texture moins flasque que la pâte et un goût moins fade, c’est un met agréable.
Au moment de manger, un grand homme costumé m’interpelle. Fort sympathique, il me demande la raison de ma présence au Bénin. Nous nous échangeons nos coordonnées. Ce Béninois, ADEGNIKA Jean Simond F est un intellectuel préparant la CAPES à Cotonou pour devenir professeur. Je retourne à ma table pour déjeuner et ce même homme nous offre trois grandes bouteilles d’eau minérales. Un geste bien généreux que tout les yovos apprécièrent.
Après manger, nous n’avons rien au programme et Saliou prend les choses en mains et nous emmène dans un « parc d’attractions », étrange décision, me suis-je demandée … Nous entrons dans ce parc et nous apercevons deux microscopiques crocodiles, des caïmans invisibles, deux singes, quatre hyènes et les mascottes du zoo : les lions. Nous étions les visiteurs de site. Plutôt étrange comme parc… Nous nous dirigeons ensuite en contrebas du site, un endroit insolite. Je me demande à ce moment là : « qu’est-ce que je suis venu faire ici »… Nous nous asseyons alors sous un chapiteau, et là nous nous rendons compte que nous nous trouvons face à une radio locale : « radio WEKE ». Bien sûr nous étions les seuls yovos sur le plateau et l’attention était rivée sur nous. Un animateur radio s’approche de nous et Nathou en profite pour faire son Show. Joke commence alors à raper, et là, tout le monde est estomaqué.
Une heure après, nous rentrons chez Adia, et comme d’habitude, les enfants du quartier nous attendait au coin de la rue : « yovo yovo, bonsoir, ça va bien, merci ». Il est 20h30, le traiteur nous apporte notre dîner. Nous sommes tous crevé, nous allons nous coucher chez le voisin.


J 7 : Dimanche 17 Aout

Il est 7H07 du matin, le réveil vient de sonner, je me lève la première pour me doucher. C’est notre dernière matinée à Porto Novo. Nous petit déjeunons et savourons une dernière fois nos petites tartines à la confiture. Nous préparons nos bagages et Saliou nous aide à charger nos affaires dans le minibus. Un deuxième minibus a été mis à notre disposition pour améliorer notre confort, notre deuxième chauffeur se nomme Isidore. Nous ressortons pour dire au revoir à Adia, et là, une flopée de gamins nous attendait. Ichola, arrive en direction de notre minibus et nous porte nos bouteilles d’eau. Adia descend alors pour nous saluer et nous commençons tous à lui chanter : « ce n’est qu’un au revoir Adia, ce n’est qu’un au revoir… » L’émotion prend le dessus, Célia et moi mettons nos lunettes de soleil afin de camoufler au mieux nos larmes de crocodile. Au revoir Porto Novo.
Il est maintenant 9H04 du matin et nous sommes sur le chemin de Doga. La route est déchiquetée, saccadée et notre chauffeur Saliou est un réel pilote. Sur la route, nous croisons deux camions renversés et nous apercevons deux africains plus ou moins coincés en dessous. Les autorités et secours n’étaient pas présents mais d’autres véhicules se sont arrêtés sur le bas côté. Nous traçons notre route en gardant un goût amer de cette image terrifiante.
Nous nous arrêtons dans un maquis à Bohicon, plus très loin de Doga et nous repartons aussi tôt. Adia nous appelle et nous apprend une sale nouvelle : Une épidémie de Choléra s’est répandues dans la région du Zou où nous nous trouvons actuellement. Une dizaine de minutes après, nous nous arrêtons sur le bord de la route pour acheter de la Javel afin de réduire les risques de contamination. Nous restons dans le minibus pendant que Michèle et Saliou achète la Javel, je tourne la tête du côté de la rue, et là, je vois cinq p’tit béninois jouer avec des seringues. A ce moment précis, j’ai le moral dans mes chaussettes. Nous étions tous dépités. Nous reprenons notre chemin, il est 15H05 et nous arrivons enfin au point tant attendue : DOGA. Notre minibus se gare sur la cours de l’école, un groupe de béninoises joliment costumé chantait et dansait pour nous accueillir. Je regarde mes camarades et je distingue des sourires sur leur visage. Nous descendons pour découvrir la population locale. Nous avons été accueilli par les grandes personnalités de Doga, le Maire, le chef du village et le chef religieux appelé le « Dah ».
Nous sortons nos affaires du minibus, le porte-parole des jeunes béninois et membre de l’association Alokpédo, Clément, nous apprend qu’il y a changement concernant le logement. Nous devons nous séparer en deux groupes, l’un restera dans une maison de Doga, et l’autre devra loger dans une maison située à Zagnanado (à 2 km du village). Bien sûr, personne ne veut se désigner pour partir de Doga, Nathou prend les choses en main et se désigne enfin. Célia, Fanny, Marie et moi le suivons. Malgré la bonne volonté de Nathou, il ne peut partir du village car un homme doit rester avec le reste des filles (Helena, Elodie x2, Amandine, Michèle et Brigitte). Nous remontons alors à Zagnanado pour déposer rapidement nos affaires, puis nous retournons aussi tôt à Doga pour assister à la cérémonie prévue à notre arrivée.
Des places assises nous étaient réservées, les doganous nous observaient, nous les yovos. Nous étions bouche bé de voir une foule aussi grande pour nous accueillir. Les grandes personnalités se trouvaient à notre droite, les enfants étaient à notre gauche, et en face, se trouvait un groupe local de danseuses et de musiciens. La cérémonie débuta, tout était harmonieux. Puis, un grand doganou commence à chanter : « Chers donateurs de l’occident, soyez les bienvenue … ». Je regarde alors notre groupe et un véritable malaise se révèle en nous. La fête continue, les artistes nous tendent la main, je ne comprends pas. Je pensais qu’ils nous attendaient à bras ouverts, quelle naïveté de notre part. Malgré la beauté de la cérémonie, elle avait une toute autre allure. Le Dah, ainsi que le président d’Alokpedo prennent alors la parole. Après leur discours, Gérard et Michèle interviennent devant la foule afin d’expliquer la raison de notre présence. Nous ne sommes pas une ONG humanitaire notre mission n’est pas de donner des cadeaux ou de l’argent à la population mais de développer une activité de tourisme solidaire avec eux (les doganous). Les autres étudiants et moi-même décidons de discuter avec les jeunes doganous et leurs expliquons que nous sommes de simples étudiants. Nous nous rendons compte que ces jeunes n’étaient pas réellement au courant de la raison de notre présence à Doga.
Il est déjà 20H06, nous mangeons et rentrons à notre dortoir à Zagnanado. Nous arrivons alors chez Sergio pour installer nos matelas, et là, Célia, Fanny, Marie et moi sommes stupéfait. Sergio nous montre notre chambre et nous nous regardons toute avec un air de dégoût. Une odeur immonde de pisse envahissait la pièce, le toit était déchiqueté et des insectes grouillaient sur le sol… Sergio nous explique alors que ce n’était plus vraiment sa maison mais un squat lorsque des évènements se déroulaient à Zagnanado. Bref, pas le choix pour cette nuit, nous nous endormons dans un décor glauque.

J8 : Lundi 18 Aout

Au petit matin, moral dans mes chaussettes, je me lève, me débarbouille, pas le temps de petit déjeuner. Nous devons rejoindre Janis, Gérard, Michèle, Brigitte et Nathou chez Monsieur le Maire. Nous arrivons devant la Mairie, et comme chaque matin, une vingtaine de personnes se rangent en ligne, le drapeau se lève et ils commencent à chanter l’hymne National. Nous rencontrons enfin Monsieur le Maire, mais nous n’avons pas eu réellement le temps de lui expliquer la raison de notre présence.
Nous repartons ensuite à Doga pour assister à une messe Vodou. Des bancs étaient mis à notre disposition. Nous nous asseyons et observons ce rituel sans bouger. Sorcellerie, magie marabout ou religion ? Le vaudou qui signifie en langue fon "Culte des esprits" tire ses racines des pratiques religieuses et magiques africaines associées au culte catholique. Aujourd’hui le Vaudou a atteint un rayonnement mondial, même si il reste prédominant dans les caraïbes, et dans certains pays d’Afrique comme le Bénin. Encore de nos jours, le Vaudou est craint et souvent vu comme une religion diabolique.
Les femmes dansaient au tour d’un Iroko et les hommes faisaient de la musique. Tout à coup, une femme se met à hurler et à s’agiter dans tous les sens. Je ne comprenais pas ce qu’il se passait. Clément m’explique alors que cette entre en transe. En termes de Spiritisme, la Transe est un état particulier d'hypnose et d'angoisse où les initiés prétendent se trouver au moment où l'esprit se manifesterait en eux. Nous avons eu la chance de pouvoir prendre des photos de ces rituels si particuliers pour les occidentaux afin d’immortaliser ce moment précieux.
Après cet instant si particulier, une visite de Doga est prévue par les jeunes doganous. Quatre jeunes se sont mobiliser pour nous faire découvrir leur village, nous nous sommes séparés en plusieurs groupes pour de faciliter le guidage. Cette visite était une sorte de pré-test afin d’observer les capacités touristiques des doganous. Lors de cette visite, nous avons découvert les habitations locales, la forêt sacrée gardée par les Oros (gardiens en Fon) et nous avons traversé la jungle. Mon guide Janvier (né le 01/01…) nous a bien résumé la vie doganouse.
L’après-midi était consacrée à la formation au tourisme des autochtones volontaires. Trente et un jeunes doganous sont venus à la réunion. Nous étions ravis. Nous nous sommes partagés le travail par thèmes (celui des mets de Doga, des jeux, de la musique et de l’agriculture). Je me suis bien évidemment occupée de l’agriculture. Trois jeunes doganous sont venus m’aider, dont Hyacinthe. Cette après-midi a été très productive et instructive pour chacun d’entre nous.
Il est 18H00, Célia, Fanny, Marie et moi décidons de retourner à Zagnanado pour récupérer nos bagages et changer de logement. J’avais un peu honte de cette réaction mais la maison était vraiment trop insalubre pour y rester. Clément, Yannick et deux autres jeunes nous proposent leur aide pour récupérer nos bagages, ils nous emmènent alors à Zagnanado en Zem, c’est-à-dire en taxi-moto. Très particulier comme moyen de transport. Généralement, il deux passagers et un conducteurs sur la mobylette. Je monte derrière clément. On criait de peur et de rire. Nous redescendons sur Doga et je remets 200 FCFA pour le remercier. A notre arrivée, nous réinstallons nos affaires dans la maison où se trouvaient déjà nos autres camarades. Bien sûr, n’ayant plus de places dans les chambres, nous nous installons dans le salon pour dormir. Mieux que rien, surtout là-bas.


J 9 : Mardi 19 Aout

Au petit matin, nous partons le ventre vide pour une visite de Doga sur l’agriculture. Célia et moi retrouvons notre guide Florentin (23 ans) et nous débutons la visite. C’était génial, nous avons appris à bécher la terre à l’aide d’un Daba (une sorte de pelle) et à semer de l’arachide avec nos pieds. Nous avons ensuite fait le tour des plantations. Nous avons pu voir l’igname le manioc, le palmier, le bananier, le manguier … Nous terminons cette visite par le gigantesque Baobab sacré.
Nous rentrons pour déjuener, Mireille et Hermione nous ont préparé la fameuse pâte au maïs accompagnée d’une sauce aux épinards. Heureusement que la sauce était là. Nous faisons une petite sieste et repartons dans la maison commune qui sert de salle de réunion. Une vingtaine de doganous était présent pour suivre la suite de la formation. Dans un premier temps, nous avons analysé les visites guidées effectuées par les doganous. Grâce à cette analyse, nous avons pu repérer quelques doganous se distinguant des autres. Célia est ensuite intervenue pour leur présenter un topo sur les méthodes de guidage. Nous sommes ensuite retournés sur le terrain pour appliquer les connaissances théoriques. A la fin de cette journée, nous, yovos et béninois avons tous été satisfait de cette journée de formation.
Rentrées à la maison, Célia et moi aidons Hermione à préparer le dîner. Nous coupons les carottes et pommes de terre et les lavons ensuite à l’eau javelisée… Après ce bon repas bien mérité, nous nous évadons dans nos rêves.


J 10 : Mercredi 20 Aout

La nuit à été calme. Avec Célia, nous avons eu une discussion concernant nos jeunes amis doganous et nous avons remarqué les mêmes détails. Au bénin, les hommes ne partage pas d’amitié avec une femme. Pour eux, une femme reste une femme. Elle ne peut être une amie. Sans en avoir vraiment conscience, ils ont systématiquement des arrières pensées envers nous, jeunes occidentales, ce qui est tout de même un peu dérangeant.
Aujourd’hui nous avons de la chance puisque nous avons un bon petit déjeuner, des beignets artisanaux avec de la citronnelle.
Peu après, nos guides doganous viennent nous chercher pour découvrir les mets locaux et l’artisanat. Nous nous arrêtons dans plusieurs maisons afin de découvrir différentes spécialités culinaires. En live, les autochtones nous offre une démonstration de cuisine. Nous avons découvert le Kloui-Kloui, une fine baguette de pâte d’arachide et de piment. Un homme nous fait découvrir l’Atin, une graine végétale que l’on cuit et que l’on utilise en infusion. Nous continuons notre itinéraire et sur le chemin, j’aperçois un arbre très particulier, avec de gros fruits rouges, le Galola. On utilise les graines de cet arbre pour en faire du rouge à lèvre et du colorant. Nous nous arrêtons dans une autre maison pour découvrir le Benjou, une sorte de galette à base de manioc râpé. Cette matinée nous a été très instructive et nous avons pu partager un peu de temps avec les femmes du village.
Nous rentrons pour manger un bout, puis repartons en réunion dans la maison commune. Cette après-midi est entièrement consacrée à l’accueil des « vrais quatre touristes » que nous avions rencontré auparavant à Porto-Novo chez Adia. La réunion est un peu anarchique, tout le monde papote dans la salle. Nous partons ensuite avec nos guides pour la découverte d’un sculpteur doganou et je lui achète une belle statuette à 2000 FCFA soit environ 3 euros. Arrivée à la maison, nous prenons notre douche tour à tour puis j’aide Hermione à préparer les bananes plantains frites. Jamais je ne me lasserai des ces bananes, c’est un pur délice.
Nathou, Célia et moi sommes posés sur les matelas et écrivons encore et encore. La trace écrite de cette histoire est très importante à mes yeux, les photos ne conservent pas tous souvenirs. Ce soir, je suis vraiment fatiguée, la journée à été dur. Même si je vis des moments incroyables à chaque instant de ce périple, ce n’est pas toujours simple. Cette expérience humaine me permet de m’évader et d’oublier nos petits soucis de tous les jours, de relativiser un peu. Il est 19H57 et nous n’allons pas tarder à manger. Stylos, je te laisse. A demain.

J 11 : Jeudi 21 Aout

Il est 6H30 du matin, je me lève car je n’arrive plus à dormir. Je me débarbouille, m’habille et sors sur la terrasse. En attendant que les autres se lève, je révise le Fon. En voici quelques mots : « Mifongandia : bonjour ; Micoudoubada : bonsoir ; Enatchénoué : merci ; noni Cloé : je m’appelle Cloé ; hein : oui ; éo : non ». Ma liste de vocabulaire s’arrête là.
Au programme, nous visiterons de l’ile d’Agonvé pendant que Clément accueillera les touristes à Doga. Nous partons de Zagnanado en taxis brousse pour rejoindre Agonvé. Ah, le taxi-brousse, une expérience à ne pas rater. Nous arrivons à l’embarcadère aux alentours de 10H30 et nous embarquons sur une grande pirogue. L’ambiance était bien différente de celle de Ganvié où nous sommes allés la semaine précédente. Le paysage était féérique. La population locale nous attendait avec joie, et ce fût un plaisir pour nous de les rencontrer. Les enfants souriaient et chantaient pour notre bienvenue. Mais le choc se révélait en moi. La pauvreté se ressentait plus qu’ailleurs. La plupart des enfants n’avaient pas vêtement, il n’y avait pas d’eau potable. Les autochtones n’avaient pas l’air pour autant malheureux, peu être grâce à l’absence de communication avec l’occident. Cet arrêt à Agonvé restera gravé dans ma mémoire.
Nous repartons ensuite pour rejoindre le marché de Zagnanado, un véritable bidonville géant où l’on pouvait trouver poissons, serpents, fruits et légumes, médicaments…
L’après-midi était dédié à la visite des couvents vodou. Un couvant vodou est un lieu sacré où une divinité (un esprit) garde l’œil sur le village. Nous devions parcourir seulement quatre kilomètres mais il ne faut jamais se fier aux kilomètres africains. La notion du temps et de la durée n’est vraiment la même entre l’Afrique et l’occident. A chaque découverte d’un couvent, une cérémonie nous était consacrée, et nous devions versées 2000 FCFA au Dah pour remercier les divinités de veiller à notre sécurité. Lorsque les habitants croisent le Dah, ils devaient le prosterner. Au Bénin, comme dans le reste de l’Afrique, le respect d’autrui est primordial, surtout envers les anciens. Lors de la dernière cérémonie vodou, je revoie une danseuse avec qui j’avais pris une photo la veille et j’aperçois d’étranges marques sur ses épaules. Michèle m’explique alors qu’elle s’était implantée des graines sous la peau en guise de sacrifice pour une divinité. Cette spiritualité me paraissait un peu farfelu mais notre philosophie et différente de la leur, il faut bien l’accepter.
Hyacinthe, « guide apprenti » marche à mes côté et me demande quelle est ma religion. Un peu hésitante, je lui réponds honnêtement : « je suis athée ». Hyacinthe me jeta un drôle de regard. Au Bénin, la quasi-totalité des habitants sont religieux. Qu’ils soient catholiques, musulmans ou vodou, tout le monde adhère à une religion. Je lui demande alors si cela le dérange, il me répond qu’il ne me comprend pas mais qu’il me respecte malgré tout.
Nous rentrons manger puis repartons à la maison du maire pour assister à une soirée Contes. Tous réunis en rond, nous écoutons florentin et le sage conter. Même si nous ne comprenions pas tout, la magie de langue Fon nous emporta. La soirée est terminée et réussite, nous rentrons nous coucher.

J 12 : Vendredi 22 Aout

Après avoir ingurgité une bonne citronnelle, deux taxi-brousse nous attendaient. Deux tas de ferrailles étaient là, dans un piteux état. C’est parti pour Bohicon, afin de visiter son parc archéologique et son jardin aux papillons. La visite de ce jardin n’était pas d’une grande utilité mais la joie y était. Avec Célia, nous enchaînons les fous rires pour un rien, nous traversons le jardin en chantant : « papillons de lumières, sous les projecteurs… ».
Nous repartons de Bohicon pour Abomey. En chemin, nous faisons une halte dans un maquis où nous dégustons notre premier poulet frites. Hum quel chance, enfin autre chose que la pâte. Bien rassasiés, nous repartons pour Abomey. Arrivé dans la ville, nous commençons la visite du palais royal. Cette visite était surprenante. Les occidentaux pensent souvent que l’Afrique rime avec épidémie, pauvreté et famine mais ce voyage m’a prouvé le contraire. L’Afrique est riche en culture et traditions, nous sommes loin d’avoir explorés la totalité de ce continent. Après la visite, nous nous dirigeons, sans en changer nos habitudes, vers les boutiques…
Nous avons pris du retard, certains élèves ne tiennent à visiter le jardin botanique d’Abomey. Nous nous séparons, Célia, Fanny et moi restons avec Michèle, Gérard et Brigitte pour la visite. Nous empruntons un sentier en taxis brousse et traversons un paysage magnifique, le coucher du soleil tombe sur Abomey. Nous sillonnons rapidement le jardin puis repartons pour éviter de circuler de nuit. En effet, il n’est pas rare au Bénin de rencontrer la nuit des barreurs de routes. Ces brigands pillent les gens qu’ils arrêtent par force et parfois les tortures.
Il est déjà 20H35, Nathou nous a préparer des spaghettis bolognaise façon Bénin pour son anniversaire. Après ce bon repas, les filles préparent le gâteau d’anniversaire de Nathou : les ananas et leurs bougies.
Le groupe est fatigué, les yovos vont se coucher. Nathou et moi restons trois bonnes heures dehors à bavarder. Ce voyage m’aura permis de découvrir une réelle complicité amicale avec certains yovos que je n’avais pas avant. Il est 1H00 du matin, nous allons nous coucher.


J 13 : Samedi 23 Aout

Aujourd’hui au programme, débat avec Monsieur le Maire et les adhérents de l’association Alokpedo concernant Doga en 3V. Lors de cette polémique, je me rends compte que nous ne sommes pas tous sur la même longueur d’onde, mais nous avons espoir en les jeunes doganous.
L’après-midi est plus calme. Fanny, célia et moi partons chez les autochtones nous ayant reçu pour des visites afin de leur distribuer des cadeaux. Les femmes étaient ravis et nous disent : « Que Dieu soit avec vous ». La chaleur nous crève et nous décidons de rentrer pour nous faire tresser les cheveux par Aline, une future animatrice doganouse. Je me fais tresser les cheveux la première et cela a duré seulement 30 min pour 500 FCFA soit 75 centimes d’euro.
Il est 20H05 et le propriétaire de la maison où nous longeons vient alors pour nous rencontrer. A travers la porte de sa chambre, j’aperçois une chambre bazardeuse où un tat d’affaire était entreposé sur un lit. Depuis mon arrivé au Bénin, j’ai remarqué que les gens ne dorment pas sur un lit (quand ils en ont un) mais dorment par terre, sur une natte.
Nous mangeons, puis installons nos affaires pour dormir.


J 14 : Dimanche 24 Aout

Décidemment, depuis mon arrivée dans la commune de Z agnanado, j’ai le sommeil léger. Mais cette nuit là a été catastrophique pour la plupart d’entre nous puisque le propriétaire à ronflé toute la nuit, telle une tronçonneuse. Nous sommes le dimanche 24 Aout et c’est notre dernier jour à Doga.
La matinée est chargée puisque à 9H nous faisons un débriefing avec nos guides, à 10H nous avons une réunion avec les membres d’Alokpedo puis une cérémonie de fermeture nous sera ensuite dédiée.
Lors du débriefing, les jeunes doganous nous expliquent qu’ils souhaitent faire perdurer notre projet Doga e, 3V et cela nous redonne alors un peu d’espoir dans ce que nous avons entrepris ensemble. Il est 12H, nous commençons en retard la cérémonie d’adieu. Nous remettons à tous les doganous volontaires un badge de reconnaissance. Nous commençons par remettre un badge de guide aux trois meilleurs éléments du groupe : Clément, Yannick et Hyacinthe. Leurs yeux scintillaient, une réelle fierté se révéla en eux et ils le méritaient bien. Nous remettons ensuite les autres badges aux animateurs et accompagnateurs. Nous leurs offrons ensuite à chacun un sac à dos, Yannick, tout fier, enfile son sac et nous regarde en souriant. A leur tour, ils nous offrent une belle statue que nous exposerons dans le hall de notre ancien Lycée. Cette statue représente trois hommes qui déposant ensemble, leurs mains sur une jarre trouée, ce qui symbolise l’union et la solidarité. Cette donation n’était pas un simple cadeau mais un réel symbole, ce qui me toucha particulièrement.
Il est 14H, la cérémonie se termine, nous rentrons à la maison pour manger une dernière fois la pâte rouge accompagnée de sa sauce à l’oignon. Une petite sieste s’impose, mais la chaleur nous étouffe tellement qu’il est impossible de s’assoupir. Il est 15H, Célia, Fanny, Nathou et moi préparons nos affaires et repartons à l’école pour distribuer des cadeaux aux enfants. Un moment grandiose et à la fois misérable. Les petits bout’ se battaient ne serait-ce pour un pauvre paquet de mouchoir. Je donne mes basket à un petit doganous d’environ 10 ans, il m’offre alors le plus beau sourire au monde.
Il est environ 16H, la population locale nous attend à la cours d’école pour partager les derniers moments avec nous, les yovos. Une foule de gamins, jeunes et anciens nous attend, tous en cercle. Un groupe d’enfants commence à nous jouer de la musique avec du Djembé et des bidons. Célia, Fanny et moi étions assissent sur les racines d’un baobab, les doganous commencent à danser et chanter pour nous. Un enfant me chante à l’oreille : « vous êtes, comme nous, nous n’avons pas de différence ».


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